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126- La spirale infernale
 

Dans notre précédent Bulletin, l’actualité militaire était entièrement focalisée sur le Livre blanc et l’attente des mesures précises en découlant : pour ces dernières, c’est maintenant chose faite et les hypothèses envisagées ont été largement vérifiées et abondamment diffusées et commentées dans la presse, ainsi que sur notre site Internet. Nous vous les rappelons cependant ci-après, en les détaillant et en les explicitant.


Les changements affectant notre arme sont sévères. L’artillerie va de nouveau perdre des régiments (les 8°, 12°, 57°et 402°), consacrant ainsi la quasi disparition de l’artillerie sol-air, en tant que système d’arme complet : les régiments sol-sol à vocation canon se trouvent réduits au nombre de sept et à un seul pour ce qui est du sol-air, doté uniquement du matériel Mistral.
Même s’il n’y a pas que des aspects négatifs pour notre arme dans cette réforme, avec notamment le maintien de sa vocation Renseignement, chacun pourra facilement évaluer la perte notoire de capacité qui en résulte. A plusieurs reprises déjà, je vous avais fait part de mes inquiétudes à ce sujet, reflets d’ailleurs de celles de toute la communauté des artilleurs.


Nous nous associons naturellement à la peine des familles touchées de plein fouet lors des tragiques évènements d’Afghanistan cet été.
Ceux-ci devraient être l’occasion de réfléchir à la meilleure façon de briser la spirale infernale dans laquelle semble inexorablement placée notre arme : diminution des moyens, absence de ses matériels sur le terrain lors des Opex, perte des habitudes de la coopération interarmes.
Les « fondamentaux » sont têtus : on ne s’engage pas en zone d’insécurité sans appuis suffisants et sans renseignements préalables sous peine de cruelles désillusions.
Si notre participation à ces conflits devait se poursuivre, et il ne nous appartient pas ici d’en apprécier le bien-fondé, il faudrait que chacun revienne à de saines notions sur les modes d’action à mettre en œuvre.
Il y a certes les appuis aériens, mais ils ne sont pas instantanés et permanents. Outre les risques de dangers collatéraux non négligeables qu’ils peuvent présenter, ils n’offrent ni la souplesse ni la puissance des appuis fournis par l’artillerie (nationale bien sûr) qui, par la présence de ses liaisons auprès de la troupe appuyée, la permanence et la diversité de ses tirs, explosifs, fumigènes, éclairants, fusants...permet souvent de faire face à de nombreuses situations de crise.
Ajoutons d’ailleurs que la seule menace de ces moyens sur le terrain exerce bien souvent un effet dissuasif important : ainsi, aurions-nous par exemple, subi autant de pertes en Côte d’Ivoire si les Mistral présents sur ce théâtre avaient été déployés ? On peut légitimement penser que les évènements auraient pris une tout autre tournure.


Un aspect très positif pour nos armées dans ce tableau bien sombre : les crédits de la Défense pour 2009 augmenteraient de 5, 4% par rapport au budget de l’an dernier, en cohérence avec le Livre Blanc et la future Loi de programmation militaire (LPM 2009-2014) qui devrait être votée au Parlement, au mieux en début d’année prochaine.
Parmi les autres centres d’intérêt de cette rentrée, il me faut signaler la mise en service progressive de notre nouveau site Internet, sous la houlette du Général Bariller que je remercie (ainsi que notre ancien hébergeur) pour le travail considérable effectué à cette occasion.
Nous devons déplorer la très récente et brutale disparition du Général d’armée Pierre Multon, acteur et témoin majeur de notre arme pendant une période allant de 1944 à 1986, depuis la Résistance jusqu’aux plus hautes responsabilités exercées dans l’Institution, en passant par l’Indochine, l’Algérie, les Écoles et les grands États-majors. La communauté des artilleurs s’associe à la douleur de la famille et lui présente ses plus sincères condoléances.
La Fédération nationale de l’artillerie tout entière souhaite la bienvenue au Général Durand, le nouveau Commandant de l’École, et l’assure de tous ses vœux pour la vaste tâche qui l’attend.


Vous invitant à serrer les rangs, plus que jamais, je vous donne, d’ores et déjà, rendez-vous à notre future Sainte-Barbe parisienne qui se déroulera le 6 décembre prochain à l’Arc de Triomphe et aux Invalides.






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Fédération Nationale de l'Artillerie