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Célébration de Wagram 2012
 

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Extrait du bulletin Les Sioux n°222

CÉLÉBRATION DE WAGRAM

Le grand rassemblement estival de l’artillerie s’est tenu à Draguignan les 3 et 4 juillet à l’occasion de la célébration de la bataille de Wagram (5 et 6 juillet 1809 où la « grande batterie » de l’artillerie a joué un rôle décisif qui a amené à la victoire).

La première journée a été consacrée à l’artillerie, tandis que la seconde a traité de l’interarmes et de l’interarmées.

L’après-midi du premier jour, le programme a débuté par l’assemblée générale de l’Association des amis du Musée de l’Artillerie à Draguignan (A.M.A.D.) qui s’est tenue dans le grand hall du musée. Les camarades Baillon, Drouhuin et Marquet y ont représenté le Repérage.

A l’issue le lieutenant-colonel Philippe Guyot, conservateur, en leur présentant la maquette de l’extension du musée leur a dressé un point sur l’état d’avancement des travaux ; quelques contraintes techniques à corriger et déjà six mois de retard sur le calendrier prévisionnel...

En fin d’après-midi, un concert donné par la musique de l’artillerie de Rennes a réuni un nombreux public dans les jardins du parc Haussmann à Draguignan. Avec sa diversité musicale et ses instruments spécifiques et représentatifs comme la cornemuse et la bombarde, la formation bretonne a fait flotter des airs celtiques sur la capitale Dracénoise.

En début de soirée, dans l’enceinte de l’école, une cérémonie au monument aux morts de l’artillerie a rassemblé une représentation d’artilleurs d’active conduite par le général Trégou, commandant l’E.A., et les délégations et étendards des amicales de la Fédération Nationale de l’Artillerie (F.N.A.) ; les emblèmes de la Fédération Nationale du Repérage (F.N.R.) et de l’Amicale du 61° et des 6° et 7°R.A. étaient sur les rangs. Le général de division (2S) Meyer, président de la F.N.A., a fait une allocution (à lire en fin de cet article) avant de déposer une gerbe au pied du monument et de faire respecter une minute de silence à la mémoire des artilleurs tombés dans le courant de l’année.

Après ce moment solennel plein d’émotion, la soirée s’est déroulée d’une manière plus décontractée. Le Repérage avait choisi de réunir ses adhérents et sympathisants pour un repas de cohésion dans un établissement situé sur les hauteurs de Draguignan. Accompagnés de leurs épouses, les amis Baykal, Drouhuin, Gournay, Labard, Parizet et Pignot étaient présents ; le clan des célibataires (de circonstance pour la majorité) était composé des généraux de Khovrine et Dotte, et des camarades Baillon, Marquet, Sore et Raynoird-Thal. Invités, le major Vandenhende, président de l’Amicale du 68°R.A.A. et son porte-drapeau complétaient l’assemblée. Avec un superbe panorama de Draguignan s’offrant à leur regard, les convives ont partagé un succulent dîner dans une excellente ambiance conviviale...

Allocution du général Jean-Pierre Meyer

devant le monument aux morts de l’artillerie

« Nouveau président de la F.N.A. ce n’est pas sans émotion que je me trouve ce soir, ici parmi vous, communauté de l’artillerie, pour commémorer la victoire de Wagram, quasi tradition puisqu’elle remonte maintenant à plus d’une quinzaine d’années. Mais au-delà de cet anniversaire, tout concourt ici, à l’école d’artillerie, à faire de cette journée, celle de la mémoire et de l’avenir de notre arme, une des plus anciennes et des plus glorieuses.

Évoquons tout d’abord les dates puisque c’est en grande partie par elles que nous sommes reliés à l’histoire dont elles jalonnent le déroulement. Elles ne manquent pas : 6 juillet 1809, victoire de Napoléon à Wagram, victoire emblématique de l’artillerie car elle permit en effet, dans cette bataille difficile, d’emporter la décision grâce à une fameuse batterie de cent pièces rassemblée en un temps record, pour écraser le centre de l’armée autrichienne et permettre l’exploitation par les forces de mêlée.

Mais souvenons-nous aussi du rôle que l’artillerie a joué sur la plupart des champs de bataille ou théâtres d’opérations : 1453, Castillon qui mit fin à la guerre de cent ans ; 1515, Marignan célèbre victoire de François 1er en Italie ; 1914 - 1918 et la large part prise dans la victoire finale.

Mais n’oublions pas le passé récent et la frappe en 1987 du Tupolev libyen par les missiles du 403°R.A., dont les restes du train d’atterrissage sont placés à l’entrée de l’école ; les canons du mont Igman en Bosnie et les feux et le renseignement que l’artillerie délivre en Afghanistan actuellement. Exemples parmi bien d’autres où notre arme démontra sa capacité à créer l’événement en faisant souvent basculer le sort des combats et des affrontements. Ces dates sont notre histoire.

Évoquons les lieux maintenant : Nous ici au sein de l’école, au carrefour le plus symbolique que l’on puisse imaginer pour l’artillerie car on y trouve l’intégralité des éléments constitutifs de sa mémoire :

  • Le musée de l’artillerie, ensemble de très grand intérêt que les efforts opiniâtres des autorités militaires et civiles, des conservateurs et responsables associatifs successifs ont fini par amener au niveau d’excellence que chacun lui reconnaît et qui illustre, de façon parfaite, l’histoire que je viens d’évoquer.
  • Le mémorial de l’artillerie gravant dans le marbre la liste impressionnante de ses faits d’armes au travers des siècles et des continents et que l’on peut visiter sans une émotion à chaque fois renouvelée.
  • Et enfin le monument aux morts de l’artillerie et du train des équipages face auquel nous nous trouvons, témoin de la souffrance et du sacrifice des combattants qu’il veut honorer.

Évoquons les hommes enfin : Car ils sont évidemment au cœur de cette histoire dont la représentation est particulièrement forte puisque sont ici rassemblés à la fois :

  • Les anciens de l’active ou de la réserve qui à la fin de leur carrière ont souvent rejoint les amicales et participent au maintien de l’esprit, des traditions et du devenir de l’arme.
  • L’active qui constitue l’arme et l’anime au sein des unités, des états-majors et sur les divers théâtres d’opérations.
  • Les jeunes arrivés au terme de leur formation et qui vont rejoindre demain soir leurs régiments avant de défiler derrière leurs étendards.

Mais on ne peut pas parler des hommes sans évoquer le sacrifice de leur vie que certains ont fait sur les théâtres d’opérations quels qu’ils soient mais plus particulièrement en Afghanistan où il y a quelques mois, coup sur coup, le 93°R.A.M. et le 40°R.A. ont eu à déplorer le décès de sept des leurs ainsi que de nombreux blessés qui souffrent dans leur chair. Nous évoquerons plus précisément les noms des disparus lors de l’appel des artilleurs tombés en 2012, au cours de cette cérémonie.

Chacun d’entre nous, vivant et décédé, quelle que soit sa place, a contribué, contribue ou contribuera à écrire cette histoire, notre histoire de l’artillerie, dans une continuité dont nous sommes tous comptables. Car dans cette période difficile de réduction de format et d’économies, nous devons utiliser notre énergie pour que l’artillerie conserve sa place dans le concert des armes et des armées et pour que les artilleurs assument leur responsabilité dans les postes de haut niveau de réflexion, d’état-major et de commandement opérationnel. Nous préserverons et valoriserons ainsi l’image de notre artillerie en faisant connaître son passé ancien et présent, en valorisant notre rayonnement, et en participant à notre devoir qui constitue le socle sur lequel doit se bâtir l’avenir.

Aussi, dans cette année où l’artillerie a payé un lourd tribu, je vous demande, pour terminer, de bien vouloir vous unir dans ce moment de reconnaissance et de respect à nos morts de tous les conflits passés ou présents pour qu’ils demeurent à jamais dans nos mémoires et notre histoire. »






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Fédération Nationale de l'Artillerie