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Editorial du n°146 - Quelle place pour notre artillerie ?
 

Quelle place pour notre artillerie ?

Ces demiers mois ont été riches en décisions relevant de la Défense et la Sécurité nationale.

Après le Livre Blanc où la menace a été exprimée et notre stratégie déterminée, la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2014-2019, définira la stratégie des moyens qui sera mise en œuvre pour atteindre les objectifs qui ont été fixés dans ce document. Ses principales dispositions sont présentées à nos adhérents dans ce Bulletin.

Dans ce contexte, au travers de plusieurs articles de synthèse critique, nous avons essayé de déterminer la place qui sera tenue par l’Artillerie dans les prochaines années.

Globalement, l’artillerie dans ses trois composantes verra ses moyens diminuer.

Ce sera notamment le cas pour les appuis feux sol- sol car, outre la diminution du nombre de pièces, un Régiment sera dissous.

L’artillerie Sol Air stagnera, mais rappelons que celle-ci avait fait les frais des réformes précédentes au point d’être réduite à un seul Régiment et à une batterie dans chaque régiment d’artillerie de brigade interarmes.

Le renseignement bénéficiera d’un équipement nouveau en drones. N’oublions cependant pas, que les prévisions précédentes n’avaient pas toutes été honorées et que l’achat de 24 drones ne fait que rattraper le retard qui avait été pris.

Ainsi donc l’Artillerie ne sortira pas particulièrement valorisée de toute cette réforme et une perte d’effectifs substantielle est à craindre.

Certains esprits, relevant souvent de cercles civils qui se targuent de pensée opérationnelle militaire, estiment que l’artillerie, (notamment ses canons), pourrait ne plus avoir sa place dans les actions militaires futures, ce qui pourrait ainsi générer des économies.

Pour examiner la pertinence, voire l’impertinence, de ce jugement, nous nous sommes donc intéressés à l’emploi de l’artillerie au cours de l’opération Serval. C’est l’objet d’un article documenté qui figure également dans ce numéro.

I1 en ressort que notre artillerie n’a pas été négligée, au point que le Général commandant la Brigade a pu déclarer : « je n’attaque jamais sans mes canons )). Toutefois, les moyens mis en œuvre étaient trop réduits. Je n’évoquerai pas ici l’absence des drones du 61e RA, mais les 4 canons Caesar répartis en deux Groupes d’Artillerie, à deux pièces, GA 2.

Dans un contexte opérationnel particulièrement éprouvant, sur un terrain difficile et dont les élongations sont de plusieurs centaines de kilomètres, l’emploi d’un tel dispositif devient une gageure, pour ne pas dire plus. Des GA, au minimum de quatre pièces, auraient pu être engagés sans que cela paraisse surdimensionné.

Pour assurer le renseignement direct de la force, la Batterie de Renseignement de Brigade BRB, a été déployée. Elle a montré toute son efficacité. Elle a laissé aussi apparaitre ses limites dues à l’obsolescence de certains de ses matériels.

Quoi qu’il en soit, l’importance du rôle de notre artillerie en opération semble bien avoir été reconnue.

Plus généralement, notre Artillerie a été mise à l’honneur, particulièrement pour son comportement en Afghanistan. Ainsi, après les 40e RA et 68e RAA, le 61e RA a lui aussi été décoré de la Valeur Militaire pour ses actions sur ce théâtre. C’est toujours une satisfaction de constater que les appuis sont considérés à leur juste place, d’autant et il faut sans cesse rappeler, qu’ils concourent à la sécurité de nos soldats dont la vie mérite d’être préservée.

Enfin, Sainte-Barbe à Paris, aura été, cette année encore, l’occasion de nous retrouver avec nos camarades en activité et d’accueillir une délégation de la Fédération de l’Artillerie Italienne.

Le nouveau commandant de l’École, le Général Royal, aura pu mesurer combien les anciens tiennent à leur Arme. Sous son impulsion, ce dont nous le remercions, ils ont été largement associés au souvenir, notamment par l’appel des Amicales représentées par leurs drapeaux dans la Cour d’Honneur des Invalides.

Nos anciens, au travers des Associations qui les regroupent et qui constituent un grand réseau dans le monde civil, veulent être présents et jouer un rôle pour préserver et maintenir la Tradition et participer à l’action de valorisation de notre Artillerie et de nos Artilleurs....et ce, d’autant plus que les armées s’apprêtent à vivre des années particulièrement difficiles...

Général de division (2S) Jean Pierre Meyer
Président de la Fédération Nationale de l’Artillerie






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Fédération Nationale de l'Artillerie