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Editorial du n°148 - Le Renseignement, une chance pour les Artilleurs.
 

ÉDITORIAL

Le Renseignement, une chance pour les Artilleurs.

A l’occasion de la parution du dernier Livre blanc, le renseignement est confirmé dans sa fonction stratégique prioritaire soulignée à plusieurs reprises par le président de la République.

Au niveau tactique des Opérations Extérieures, les généraux n’hésitent pas à reconnaitre et affirmer qu’ils ne peuvent plus agir sans « renseignement ».

Dans ce cadre, l’artillerie joue un rôle majeur. Elle met en œuvre une part très importante des capacités techniques et humaines de ce domaine. Celles-ci sont regroupées dans :

  • un Régiment de drones pour recueillir le renseignement d’origine Image ;
  • des batteries de renseignement de Brigade (BRB) qui par leurs drones DRAC, leur imagerie radar et leur renseignement humain permettent aux GTIA, voire aux Brigades, de ne pas être aveugles ;
  • des radars de trajectographie qui permettent de déterminer l’origine des tirs surtout s’ils sont terroristes ;
  • de la géographie car sans elle pas de tirs, de positionnement, de coordination.

Ces capacités sont en cours de développement comme les drones et de nouveaux équipements sont également programmés et annoncés. En revanche, certaines d’entre elles comme les radars des BRB sont à bout de souffle et ne permettent plus d’obtenir les résultats que l’on pourrait en attendre. Un effort s’impose car ces moyens légers, aérotransportables sont d’une efficacité redoutable pour voir arriver par tout temps, de jour comme de nuit, ceux que l’on n’attend pas et qui, par des actions terroristes et brutales, nous causent des pertes insupportables.

Au travers de ces capacités, c’est le renseignement d’origine image, photo et radar, qui est la dominante et constitue l’apanage de l’Artilleur. Ce renseignement trouve d’ailleurs son prolongement dans le renseignement d’origine spatial où l’artilleur interprétateur d’image est particulièrement présent dans un domaine où l’Armée de l’air prend de plus en plus de place, ce qui impose la vigilance.

Ainsi, outre les appuis sol/sol, sol/air et la coordination des feux et 3D, les artilleurs agissent dans le domaine du renseignement, de plus en plus « porteur », dans lequel ils doivent s’investir et exercer toute leur influence afin de développer et d’acquérir de nouvelles capacités. C’est une chance à saisir pour et par les artilleurs dans un monde interarmées où l’imagination, les restrictions financières, les positionnements considérés comme vitaux des autres armées pourraient voir des centres de gravité se déplacer.

S’agissant des moyens financiers alloués à nos armées, nous constatons une diminution du budget de la Défense qui ne manque pas de devenir très inquiétante. En dépit des déclarations présidentielles sur la sanctuarisation de la LPM, le Gouvernement a laissé entendre que les armées doivent aussi participer à l’effort d’économies de la Nation. Celui-ci porterait donc sur le fonctionnement de nos forces et chacun sait qu’une armée qui n’a plus la capacité de s’entraîner, est une armée « fragilisée ».

Les Chefs d’états- majors se sont d’ailleurs manifestés et, selon la presse, ont envisagé de démissionner.

Souhaitons qu’à l’occasion des vacances d’été et des changements de Chefs d’états-majors dont celui de l’Armée de terre, des décisions ministérielles ne soient prises de façon intempestive et irréversible sans que les Armées et une partie de la Nation, celle qui soutient son Armée, ne puissent réagir.

Restons donc vigilants !

Bonnes vacances à vous tous et à la rentrée.

Général de division (2s) Jean-Pierre Meyer
Président de la Fédération Nationale de l’Artillerie






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Fédération Nationale de l'Artillerie