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Editorial du n°155
 

Soyons entreprenants et persuasifs

La presse spécialisée ou non s’est peu faite l’écho de l’emploi pour la première fois, dans un cadre opérationnel au Mali, du Lance-Roquette Unitaire (LRU). Cet événement a pu paraitre secondaire et pourtant il met en exergue la perspicacité et la clairvoyance de nos anciens qui ont décidé, il y a plusieurs années, de développer et d’acquérir ce système d’arme.

Une précision de un mètre à près de 70 kilomètres le place dans la catégorie des armes de précision comme sont équipées les forces américaines avec leurs drones armés. Cependant cette arme dispose aussi de toutes les qualités que l’artillerie met en avant comme la permanence des feux et la mise en œuvre de jour comme de nuit, quelle que soit la météo. L’artillerie a montré son efficacité et plus aucune action opérationnelle ne pourra s’en dispenser.

Dans le combat mené contre Daech, notamment par les forces irakiennes kurdes, des renforts en artillerie sont aussi très demandés. Son utilité n’est plus à démontrer au point que certaines nations qui pourtant refusent de mettre des soldats au sol en dehors de quelques instructeurs et forces spéciales, ont accepté de fournir des canons pour assurer l’appui de ces forces. C’est le cas de la France qui a décidé de déployer quatre CAESAR servis par le 68e RAA.Ces pièces sont entrées en actions dans la reconquête de Mossoul au grand bénéfice des forces engagées dans un combat difficile.

Il y a quelques mois nous avons assisté à Lyon au parrainage entre les artilleurs Italiens de Turin et ceux de l’UALR de Lyon. C’était une très belle cérémonie qui avait rassemblé de nombreuses personnes, autorités civiles et artilleurs, en présence du Président national Italien. Cette rencontre a été l’occasion d’échanges de souvenirs historiques communs à nos deux nations, notamment ceux relatifs à la première guerre mondiale.

Nous avons aussi évoqué l’avenir de nos associations et le rayonnement de notre arme. Ce souci est le même quel que soit le pays à une époque où l’organisation des forces s’établit autour des forces spéciales. Pourtant comme nous l’évoquions précédemment, nos soldats en opération ont besoin d’appui. Pour les forces françaises la présence de l’artillerie au Mali et en Irak est le signe d’une vraie prise de conscience de ce besoin.

En Italie comme en France, les associations ont du mal à trouver des adhérents au minimum pour combler les départs. Dans notre pays, la rencontre de ceux qui ont vécu en commun une période forte de leur vie militaire au cours de la deuxième guerre mondiale ou dans les conflits plus récents comme l’Indochine ou l’Algérie se fait de plus en plus rare car les effectifs diminuent avec l’âge.

Il faut donc innover et donner à nos associations une nouvelle vocation à une époque où après les attentats qui ont ensanglanté la France, de nombreux Français cherchent à se rapprocher de nos armées notamment par les réserves opérationnelles et citoyennes. Nous devons attirer les jeunes militaires quel que soit leur grade et diffuser leurs témoignages, eux qui se sont distingués dans les opérations récentes. L’action difficile de nos forces dans le respect de nos valeurs est aussi à porter à la connaissance de nos nouveaux réservistes et civils « amis de l’artillerie » qui attendent beaucoup de nos associations. Soyons donc ouverts à leurs attentes. Entreprenants et persuasifs, nous devons aussi faire preuve d’ouverture d’esprit, ce qui d’ailleurs a toujours été une vertu des Artilleurs et de l’ Artillerie.

Général de Division (2S) Jean Pierre Meyer
Président de la Fédération Nationale de l’Artillerie






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Fédération Nationale de l'Artillerie